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Cupidité corporative. Vos impôts.

La machine à main-d'œuvre gratuite : qui paie vraiment pour les travailleurs étrangers au Canada ?

Des entreprises canadiennes publient des emplois destinés à rester vacants, importent une main-d’œuvre étrangère bon marché, puis encaissent des subventions publiques — aux frais des contribuables. Voici comment ce système fonctionne, qui l’a construit et qui en paie le prix.
 |  Theo Navarro  |  Men in Society

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Un ouvrier canadien devant un entrepôt avec une enseigne « Nous embauchons », illustrant un système d’embauche défaillant

Il y a un jeu qui se joue au Canada. Ce n'est pas particulièrement subtil, ce n'est pas nouveau, et ceux qui le dirigent ne se cachent pas vraiment. Ce qui est remarquable, c'est la durée pendant laquelle cela a perduré — financé discrètement par le contribuable canadien — pendant que les politiciens qui l'ont conçu sourient devant les caméras en parlant d'inclusion et de croissance économique.

Le jeu fonctionne ainsi : une entreprise affiche un poste. Personne n'est embauché — non pas parce qu'il n'y a pas de candidats, mais parce que l'entreprise dit simplement au gouvernement que personne ne veut du travail. Le gouvernement répond : « très bien, faites venir un travailleur étranger ». L'entreprise fait venir un travailleur étranger, le paie moins qu'un Canadien ne l'accepterait, puis puise dans un autre bassin d'argent public — subventions, aides à la formation, compléments salariaux — pour compenser encore davantage le coût de ce travailleur. Le résultat ? Un coût de main-d'œuvre quasi nul pour l'entreprise. Une imputabilité quasi nulle pour les bureaucrates qui l'ont approuvé. Et une facture qui atterrit, comme toujours, chez le Canadien ordinaire qui n'a rien demandé de tout cela.

Ce n'est pas une théorie du complot. C'est une trace écrite documentée.

"Un coût de main-d'œuvre quasi nul pour l'entreprise. Une imputabilité quasi nulle pour les bureaucrates qui l'ont approuvé. Et une facture qui atterrit chez le Canadien ordinaire qui n'a rien demandé de tout cela."

— Theo Navarro

Le Programme des travailleurs étrangers temporaires : ce qu'il était censé être

Le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) du Canada a été conçu — sur papier, du moins — pour résoudre un problème légitime. Il y a des régions dans ce pays où la main-d'œuvre est réellement rare. Des villes minières isolées. Des régions agricoles où le travail saisonnier ne trouve pas preneur localement. Le PTET devait servir de soupape de sécurité pour ces goulots d'étranglement spécifiques. Faire venir des travailleurs temporairement. Combler de réelles lacunes. Maintenir l'économie en mouvement là où elle stagnerait autrement.

Telle était l'intention. Ce qu'il est devenu est tout autre chose.

Le programme exige que les employeurs remplissent ce qu'on appelle une Évaluation de l'impact sur le marché du travail — une EIMT. Une EIMT est essentiellement un bon d'autorisation gouvernemental qui stipule : « oui, nous avons vérifié, aucun Canadien ne veut de cet emploi, vous pouvez donc embaucher à l'étranger ». Le problème réside dans la manière dont cette vérification est effectuée — ou plus précisément, dans le peu d'efforts requis pour faire croire que la vérification a été faite.

Un employeur publie une offre sur le Guichet-Emplois ou une plateforme similaire. Il la laisse en ligne pendant la période minimale requise — souvent seulement quatre semaines. Si aucun candidat adéquat ne postule, ou si les candidatures sont rejetées pour des motifs difficiles à contester, l'employeur affirme que le poste n'a pas été pourvu. L'EIMT est approuvée. Le travailleur étranger arrive. Le travailleur canadien qui aurait pu occuper ce poste — peut-être avec un salaire légèrement supérieur ou des avantages sociaux — n'a jamais su que les dés étaient pipés d'avance.

Le saviez-vous ?

Le Canada a délivré plus de 239 000 permis de travail basés sur une EIMT en 2023 seulement — un record historique. La même année, le chômage chez les jeunes au Canada a atteint des niveaux inédits depuis la récession de 2009. Ces deux faits apparaissent rarement dans le même communiqué de presse gouvernemental.

Emplois fantômes : l'offre qui ne devait jamais être pourvue

C'est ici que ça devient intéressant — et par intéressant, je veux dire exaspérant. Le concept d'offre d'emploi « fantôme » n'est pas unique au Canada, mais le pays l'a industrialisé d'une manière presque élégante dans son cynisme. Les entreprises publient des offres qu'elles n'ont aucune intention réelle de combler par une embauche locale. L'offre existe pour créer un dossier juridique. Une preuve qu'elles ont essayé.

Des travailleurs dans les secteurs de la technologie, de la restauration, de la logistique et des soins ont rapporté avoir postulé à des postes annoncés en ligne, être restés des semaines sans réponse, pour découvrir ensuite que le rôle avait été pourvu par un travailleur étranger via un permis du PTET. Certains employeurs sont plus effrontés : des candidats surqualifiés sont rejetés, des candidatures de Canadiens dont le formatage est légèrement non standard sont éliminées automatiquement, puis l'employeur dit à Service Canada : « personne de qualifié n'a postulé ».

Les avocats en immigration qui travaillent des deux côtés de ce système vous diront — officieusement, car personne ne veut perdre de clients — que les EIMT sont devenues des marchandises. Dans certains secteurs, elles s'achètent et se vendent. Il existe des courtiers spécialisés dans l'aide aux entreprises pour naviguer dans le processus d'approbation. Le système n'a pas été conçu pour la fraude, mais il a été déformé par celle-ci.

Écran d'ordinateur affichant un site d'emploi avec des offres non pourvues de longue date, représentant des offres d'emploi fantômes utilisées pour obtenir des EIMT au Canada
Une offre d'emploi laissée active pendant des mois sans intention réelle d'embaucher — la trace écrite qui débloque une Évaluation de l'impact sur le marché du travail et un permis de travail étranger. Offres fantômes et abus d'EIMT — Enquête / Hommes en société

Aperçu culturel

L'Asie du Sud et la filière de main-d'œuvre

La majorité des arrivants du PTET proviennent de l'Inde, des Philippines et du Mexique. Beaucoup sont issus de cultures ayant de fortes obligations communautaires et familiales, ce qui les rend moins enclins à s'opposer aux abus des employeurs. Les employeurs au Canada sont parfaitement conscients de cette dynamique. Des travailleurs loin de chez eux, dépendants de visas liés à l'employeur, avec la pression financière familiale derrière eux, ne vont pas exiger d'augmentations ou porter plainte aux normes du travail. La vulnérabilité est structurelle — et elle est exploitée.

Les travailleurs étrangers qui arrivent par ce système ne sont pas de simples victimes — certains participent volontairement au stratagème. La plupart sont de jeunes hommes peu scolarisés qui apportent souvent de faux diplômes de leur pays d'origine. On leur a promis ce que le Canada a cessé de fournir même à ses propres citoyens : un travail stable, une voie vers la résidence permanente et une chance d'avoir une vie décente.

Au lieu de cela, ils arrivent pour découvrir des salaires inférieurs à ceux annoncés, des horaires brutaux et des employeurs qui détiennent un pouvoir considérable sur leur statut d'immigration. En un mot, ce sont des captifs volontaires qui profitent également du système.

Cette captivité fait partie du modèle d'affaires.

Lorsqu'un employé ne peut pas facilement démissionner, ne peut pas se plaindre aux régulateurs sans risquer son statut de visa, et ne peut pas s'organiser avec des collègues partageant la même vulnérabilité, vous avez créé quelque chose qui ressemble, dans les grandes lignes, à une version du XXIe siècle de la servitude contractuelle — et dans certains cas, à du pur travail forcé. Personne ne l'appelle ainsi. Le gouvernement ne le fait certainement pas. Mais la structure parle d'elle-même.

 

La couche des subventions : là où l'argent devient créatif

Le PTET n'est qu'une partie du tableau. S'y superpose un système de subventions et de bourses destinées aux employeurs qui, combiné à un travailleur étranger payé au rabais, peut réduire le coût réel de la main-d'œuvre pour une entreprise à une fraction de ce qu'il en coûterait d'embaucher un Canadien au taux du marché.

La Subvention Canada pour l'emploi, par exemple, permet aux employeurs de demander jusqu'aux deux tiers des coûts de formation des employés, les gouvernements fédéral et provinciaux se partageant la majeure partie de la facture. Le Programme des solutions pour la main-d'œuvre sectorielle finance la formation dans des secteurs spécifiques. Les incitatifs à l'apprentissage complètent les salaires des entreprises qui embauchent des apprentis. Il existe des programmes de subvention salariale destinés aux jeunes, aux personnes handicapées, aux nouveaux immigrants. Chaque programme a des utilisations prévues légitimes. Chaque programme peut aussi être détourné, et l'est actuellement.

Tableau 1 — Sélection de programmes de subventions fédérales aux employeurs (Canada)

Programme Bénéfice Max Qui paie Potentiel d'abus
Subvention Canada pour l'emploi Jusqu'à 10 000 $/employé Contribuable féd./prov. Élevé — suivi minimal
Solutions pour la main-d'œuvre sectorielle Varie selon le secteur Contribuable fédéral Moyen — selon secteur
Subvention incitative à l'apprentissage Jusqu'à 2 000 $/an Contribuable fédéral Moyen
Stratégie emploi et compétences jeunesse Subvention salariale variable Contribuable fédéral Élevé — critères flous
Intégration des immigrants (Provincial) Jusqu'à 7 500 $/embauche Contribuable provincial Élevé — doublon fédéral

Analysons les chiffres un instant. Une entreprise embauche un travailleur étranger via le PTET à, disons, 17 $ l'heure dans un secteur où un ouvrier canadien coûterait 28 $. C'est déjà une économie de 11 $ l'heure. Ensuite, l'entreprise demande une subvention de formation pour couvrir le coût d'un programme d'intégration de deux semaines — le gouvernement en couvre 8 000 $. Puis une subvention salariale provinciale s'enclenche pour les six premiers mois d'emploi. Faites le total et l'entreprise est, pendant une période, payée pour employer quelqu'un. Pas au seuil de rentabilité. Payée.

Ce n'est pas une hypothèse. C'est un schéma documenté que les vérificateurs du Bureau du vérificateur général du Canada ont signalé dans les examens de programmes. Le rapport de la VG de 2017 sur le PTET a révélé des problèmes de conformité majeurs. Un suivi en 2022 a révélé que les mesures correctives promises par Emploi et Développement social Canada n'avaient été que partiellement mises en œuvre. Les mêmes problèmes. Cinq ans plus tard. Toujours partiellement non résolus.

⚠ Vigilance Imputabilité

Le vérificateur général du Canada a signalé de graves manquements à la conformité du PTET en 2017. Un audit de suivi en 2022 a révélé que le gouvernement n'avait partiellement réglé ces mêmes problèmes. En cinq ans, EDSC a réussi à corriger à moitié un système qu'il avait des années pour rectifier — tout en délivrant plus de permis de travail étranger que jamais. Ce n'est pas une bureaucratie lente. C'est un choix politique.

Le travailleur canadien : dernier en ligne

Parlons de l'homme — l'homme canadien, le résident permanent arrivé légalement qui a bâti une vie ici — qui envoie son CV et ne reçoit aucune réponse.

Il ne l'imagine pas. Les chiffres le confirment. Le taux de chômage au Canada pour les nouveaux immigrants est systématiquement plus élevé que pour les travailleurs nés au Canada, même lorsque les diplômes et l'expérience sont équivalents. Pour les citoyens canadiens dans les secteurs à faible ou moyenne qualification — transformation alimentaire, entreposage, nettoyage, hôtellerie — la stagnation salariale au cours de la dernière décennie a été spectaculaire. Les salaires réels dans plusieurs de ces industries n'ont pas suivi l'inflation. L'offre de travail a été maintenue artificiellement gonflée par l'apport de travailleurs étrangers, ce qui maintient les salaires bas, ce qui rend ces emplois moins attrayants pour les Canadiens, ce qui justifie davantage d'apport de travailleurs étrangers. C'est, comme disent les économistes pour paraître polis face à un système brisé, une dynamique structurelle.

Appelez cela par son nom : un piège. Une entreprise qui utilise le PTET a toutes les raisons de continuer à l'utiliser. Une entreprise qui a accès à des subventions gouvernementales pour l'intégration des travailleurs étrangers a tout intérêt à poursuivre cette subvention plutôt que de payer un Canadien au salaire du marché. Le travailleur canadien n'est pas exclu par le marché. Il est exclu par une architecture politique discrètement repensée pour bénéficier aux employeurs à ses dépens.

En bref

  • Les offres d'emploi fantômes fournissent aux employeurs une trace écrite pour l'approbation de l'EIMT sans intention réelle d'embauche locale.
  • Les travailleurs étrangers avec des visas liés à l'employeur ont une capacité limitée de négociation ou de plainte.
  • Les programmes de subvention fédéraux et provinciaux peuvent effectivement payer une entreprise pour embaucher un étranger plutôt qu'un Canadien.
  • Le vérificateur général a signalé des échecs de conformité au PTET à plusieurs reprises, sans corrections complètes.
  • La compression salariale dans les secteurs clés frappe plus durement les travailleurs canadiens et les résidents permanents récents.
  • Le système s'auto-entretient : la main-d'œuvre bon marché justifie plus de main-d'œuvre bon marché, et les contribuables financent les deux extrémités.

Les résidents permanents méritent une mention particulière ici, car leur situation est d'une ironie presque cruelle. Un homme qui franchit chaque étape de l'immigration — les tests de langue, l'évaluation des diplômes, les frais de demande qui s'élèvent à des milliers de dollars, les années d'attente — arrive au Canada pour découvrir que le marché du travail qu'on lui a vendu sur papier est très différent sur le terrain. Il est en concurrence pour des postes que les employeurs ont déjà décidé de combler via le PTET. Il a le statut de résident permanent, il ne peut donc pas être embauché via un permis de travail étranger — il est, officiellement, un travailleur canadien à ces fins. Cela signifie qu'il coûte un plein salaire canadien avec tous les droits du travail canadiens. Il est, dans le calcul de l'employeur, l'option coûteuse.

Alors il conduit pour Uber. Il livre de la nourriture. Il fait des quarts de travail en entrepôt qui paient juste assez pour couvrir le loyer s'il laisse le thermostat éteint en janvier.

Un homme canadien en âge de travailler à une table de cuisine entouré de factures, cherchant du travail en ligne — représentant le coût humain réel de la compression salariale
Pour des milliers d'hommes canadiens et de résidents permanents, la recherche d'emploi n'est pas un inconvénient temporaire — c'est une impasse structurelle bâtie par des décisions politiques prises loin de leur table de cuisine. Compression salariale et déplacement de main-d'œuvre — Enquête / Masculinité et Société

Le problème macro : que se passe-t-il quand on brise le moteur

Il existe une version de cette histoire où une politique d'immigration intelligente et des subventions aux employeurs bien ciblées travaillent ensemble pour accroître la productivité, former les travailleurs et élargir l'assiette fiscale. Cette version existe en théorie. Elle a existé en pratique dans des pays qui prennent la conception et l'application des programmes au sérieux.

Le Canada ne fait pas rouler cette version actuellement. Il a enduré onze ans de politiques « woke » sous le gouvernement libéral — dix ans sous Justin Trudeau et un an sous Mark Carney. Notons aussi que Mark Carney conseille Justin Trudeau depuis 2020, façonnant les politiques mêmes qu'il met aujourd'hui en œuvre. Ces politiques ont appauvri l'ensemble du pays.

Le Canada gère un système où les incitatifs pointent vers la compression salariale, la récolte de subventions et l'inflation de la main-d'œuvre — tout cela simultanément. Les coûts sont répartis sur l'assiette fiscale, ce qui les rend invisibles pour chaque contribuable individuel jusqu'à ce qu'ils ne le soient plus du tout. La croissance du PIB provenant de l'ajout de personnes sur le marché du travail semble bonne dans les gros titres, jusqu'à ce que vous remarquiez que la productivité par travailleur stagne, que l'épargne des ménages diminue et que les dépenses de consommation ne tiennent que par la dette.

Une main-d'œuvre de travailleurs mal payés — qu'ils soient nés au Canada ou à l'étranger — ne bâtit pas une base fiscale solide. Elle construit une dépendance à l'aide sociale. Le même gouvernement qui distribue des subventions aux employeurs d'un côté paie pour des suppléments au logement, la demande des banques alimentaires et les coûts de santé de l'autre. L'argent tourne en rond. Il tourne simplement dans une direction qui enrichit l'entreprise et appauvrit les comptes publics.

Une monnaie appuyée par une main-d'œuvre productive et bien rémunérée conserve sa valeur. Une monnaie appuyée par des subventions financées par la dette pour de la main-d'œuvre bon marché fait autre chose. Les Canadiens qui observent le huard par rapport au dollar américain depuis dix ans savent déjà à quoi ressemble cette « autre chose ».

Questions que les hommes se posent — et réponses honnêtes

Est-il réellement illégal pour une entreprise de publier un emploi fantôme pour obtenir une EIMT ?

Techniquement, fausser un besoin réel de main-d'œuvre pour obtenir une EIMT constitue une fraude en vertu de la loi canadienne sur l'immigration — et EDSC peut révoquer les approbations. En pratique, les sanctions sont rares et le fardeau de la preuve est élevé. Les entreprises font rarement face à des accusations criminelles.

Un résident permanent peut-il accéder aux mêmes emplois qu'un travailleur du PTET ?

Oui — et c'est là le paradoxe douloureux. Un résident permanent est légalement un travailleur canadien, ce qui signifie qu'un employeur ne peut pas utiliser de permis PTET si un résident permanent est prêt à travailler. Mais comme beaucoup d'employeurs préfèrent l'économie de subvention liée au travailleur étranger, les résidents permanents sont écartés dès l'étape de l'affichage.

Que doit savoir un homme avant de s'installer au Canada comme travailleur qualifié ?

Connaissez les planchers salariaux réels de votre secteur — pas les taux annoncés. Vérifiez si vos diplômes seront reconnus avant d'arriver. Comprenez que les coûts du logement absorbent désormais 50 à 80 % d'un revenu moyen. Les consultants en immigration ont un intérêt financier à vous « vendre » le Canada ; l'homme qui travaille de nuit à Brampton n'en a aucun.

Les employeurs qui abusent du PTET font-ils face à de réelles conséquences ?

EDSC tient une liste publique des employeurs non conformes. Les pénalités vont d'avertissements à des interdictions de plusieurs années. Entre 2015 et 2023, quelques centaines d'employeurs ont été sanctionnés — mais face à des dizaines de milliers de permis actifs, le taux d'inspection est jugé largement insuffisant.

Est-ce un problème spécifiquement libéral ou un échec structurel plus large ?

Réponse honnête : les deux. Le PTET a été restructuré et étendu sous le gouvernement conservateur en 2002 et au début des années 2010. Le gouvernement libéral suivant l'a encore plus étendu, a ajouté des couches de subventions et a systématiquement sous-financé l'application de la loi. L'architecture est bipartisane, mais l'accélération et l'échec chronique à corriger les problèmes identifiés appartiennent au gouvernement actuel.

À quoi cela ressemble au niveau de la rue

Oubliez l'économie un instant. Imaginez les hommes que ce système affecte réellement.

Il y a ce machiniste de 42 ans à Hamilton qui envoie des candidatures dans le vide depuis quatre mois et ne comprend pas pourquoi personne ne rappelle. Il y a ce jeune de 28 ans arrivé du Pendjab avec un diplôme en informatique, installé dans un appartement en sous-sol à Mississauga, qui travaille désormais le soir dans un entrepôt grande surface parce que chaque offre d'emploi en logiciel était fantôme. Il y a ce gamin canadien de 19 ans qui a sauté l'université pour faire un apprentissage parce qu'on lui a dit que c'était l'avenir — et il voit les salaires de son secteur stagner alors que son coût de la vie explose.

Aucun de ces hommes n'est une statistique. Ils sont le produit d'une architecture politique qui traite le travail comme un coût à minimiser et les fonds publics comme un outil d'optimisation corporative. Les hommes qui dirigent les entreprises bénéficiaires sont souvent les mêmes qui siègent aux comités consultatifs façonnant ces politiques. Ce n'est pas du cynisme — c'est documenté. Les associations industrielles ont des lignes directes avec le ministère du Travail. Les travailleurs que ces politiques affectent n'en ont pas.

Si vous êtes un travailleur ou cherchez un emploi au Canada — Sachez ceci

Outils et ressources

  • Liste des employeurs non conformes d'EDSC — consultable sur Canada.ca
  • Guichet-Emplois Canada — vérifiez depuis combien de temps une offre est en ligne avant de postuler
  • Commissions des normes du travail provinciales — pour signaler le vol de salaire
  • Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) — vérifiez le statut EIMT de l'employeur si vous avez des doutes

À faire

  • Recherchez si l'entreprise a des permis EIMT actifs avant de postuler
  • Consultez Glassdoor et Indeed pour voir les plaintes sur les modèles d'embauche
  • Si vous êtes résident permanent, documentez vos envois de candidatures et les refus reçus
  • Rapprochez-vous des syndicats ou associations de métier — la voix collective compte énormément

À ne pas faire

  • Ne supposez pas qu'un emploi affiché représente une réelle vacance — vérifiez avant d'investir trop de temps
  • N'acceptez aucune offre verbale sans contrat écrit spécifiant le salaire, les heures et les avantages
  • Ne blâmez pas les autres travailleurs — étrangers ou nationaux — pour un système qu'aucun d'entre vous n'a conçu
  • Ne déménagez pas au Canada sur la base des salaires annoncés sans vérifier le coût de la vie réel

L'évaluation honnête

Le Canada a bâti une économie structurellement dépendante de deux choses qu'il ne peut soutenir indéfiniment : une main-d'œuvre importée bon marché et de l'argent emprunté à bas prix. Les programmes alimentant cette machine — le PTET, l'écosystème de subventions, les aides salariales — ne seront pas démantelés par ceux qui les ont conçus. Cela nécessiterait une volonté politique de prioriser les travailleurs sur les donateurs, et une culture médiatique prête à couvrir l'histoire avec persistance.

Aucune de ces deux conditions n'est actuellement présente en quantité suffisante.

Alors les machinistes, les travailleurs d'entrepôt et les hommes conduisant des Uber à 2 heures du matin avec un diplôme d'ingénieur continuent de faire ce que les hommes ont toujours fait quand le système ne joue pas en leur faveur : ils s'adaptent. Ils se débrouillent. Ils bâtissent. Certains partent. Les chiffres de l'émigration canadienne — particulièrement chez les jeunes qualifiés partant vers le sud — grimpent discrètement. Ce n'est pas encore une crise à la une des journaux. Mais ça le deviendra, car on ne peut pas vider la classe moyenne productive d'une main-d'œuvre et la remplacer par du travail à bas salaire subventionné en espérant que le calcul continue de fonctionner.

Ça ne fonctionne jamais.

À l'homme qui envisage de s'installer au Canada comme résident permanent : allez-y les yeux grands ouverts.

Renseignez-vous sur les salaires réels après impôts. Les taxes au Canada sont lourdes car on attend de vous que vous souteniez cette économie défaillante et son schéma migratoire pyramidal. Regardez le coût réel du loyer, de l'épicerie et des garderies. Parlez à des immigrants arrivés il y a cinq ans et demandez-leur honnêtement où ils en sont par rapport à leurs attentes initiales.

Le Canada est un vrai pays avec de réelles forces, mais il a été mal géré. Ce n'est ni la brochure retouchée des consultants en immigration, ni le Canada des années Harper. Sachez faire la différence avant de signer quoi que ce soit.

À l'homme canadien à qui l'on a dit que ses difficultés étaient le produit de ses propres lacunes : ce n'est pas le cas.

Le système a été tordu par des politiciens élus largement par des femmes libérales et des hommes « woke » et faibles. Vous ne l'avez pas tordu. Personne ne viendra le réparer pour vous. Vous avez donc intérêt à comprendre exactement comment il fonctionne — et à utiliser cette connaissance pour prendre de meilleures décisions pour vous-même que celles que les concepteurs de ce système ont prises pour vous.

La machine continue de tourner tant que les gens ne la regardent pas de trop près. Alors, regardez-la de près.


Avertissement : Les articles et informations fournis par Genital Size sont uniquement destinés à des fins d'information et d'éducation. Ce contenu n'est pas destiné à se substituer à un avis médical professionnel, un diagnostic ou un traitement. Demandez toujours l'avis de votre médecin ou d'un autre professionnel de santé qualifié pour toute question que vous pourriez avoir concernant un problème médical.

By Theo Navarro

Theo explores how culture, relationships, and identity shape male sexuality. His writing mixes insight, subtle humor, and global curiosity.

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